Avertissement amical : ce texte contient des scènes de violence et d’horreur.
Octobre 2180. Sud de la France. Camp du 303e Bataillon de la Milice pénale.
Il court.
Son corps pèse des tonnes. Chaque pas est un calvaire.
La machine l’a attrapé.
Deux mille neuf cent vingt et un jours à subir.
Il ne marche plus, il se traîne.
Deux mille sept cent vingt jours d’encaissés.
La machine l’a broyé, puis recraché.
En matricule.
Deux cent un jours à tirer.
Les salauds.
Il va…
Une douleur fulgurante l’arrache à son cauchemar préféré. Il émerge trop lentement. Le sergent-chef Thran n’est pas patient. Un nouvel éclair le fait bondir sur ses pieds — goût de bile au fond de la gorge.
— Debout, TB-76-33 !
La voix du sous-off’ claque comme un coup de fouet. Un dogue enragé.
TB-76-33 baisse aussitôt le regard. Personne ne défie le sergent-chef. Pas s’il veut survivre. Pas s’il veut espérer quitter la Milice pénale.
D’un geste machinal, il replie et range son paquetage, puis rejoint la file des crânes rasés — tous enfermés vivants dans leurs combinaisons carcérales vert émeraude.
Comme tous les matins, les latrines sont occupées. Malgré le froid humide qui lui gèle les couilles, l’odeur empeste le vieux cimetière. Il a de la chance : cette semaine, il a “bien travaillé”. Il est exempté du nettoyage.
Allez. À la bouffe. Tant qu’il y en a.
Le camion-cantine chie sa pâte nutritive par plâtrées plus généreuses que d’habitude. Les moins malins et les nouveaux sont aux anges.
Bande de débiles.
Quand la Milice est généreuse, c’est toujours mauvais signe.
La pâtée grisâtre a presque bon goût.
Merde.
TB-76-33 sent une chaleur douce se répandre dans son ventre, ses veines, ses muscles — jusqu’à sa cervelle de brute.
Drogue de combat.
Putain de salauds.
Contre sa volonté, l’exultation le gagne. La soif de sang. Le besoin viscéral de violence. D’un revers de manche au tissu rêche, il essuie un filet de bave. Chuintement mécanique. Sa combinaison se rigidifie, verrouille ses gestes. Bassin immobilisé.
Des pingouins. Tous. Ça évite qu’ils se foutent sur la gueule entre miliciens. Ce n’est pas le moment. Ils sont des outils. Et on abîme pas les outils entre eux.
TB-76-33 déteste marcher comme un putain de pingouin de plus de deux mètres — et cent cinquante kilos de muscles hypertrophiés, prisonnier d’une armure qui peut imploser sur commande.
Dans un grondement d’antiques mécaniques, des véhicules blindés de transport de troupes, déclassés depuis trois ou quatre décennies, s’alignent sur la place d’armes.
L’heure d’embarquer.
Aucune explication. Pas de discours cynique. Pas même une blague.
Ça pue.
Même Thran ferme sa sale trogne de vieux légionnaire.
TB-76-33 a ce qu’on appelle un très mauvais pressentiment.
Prudent, il négocie du rab de bouffe. Il veut revenir entier. Plus que deux cent un jours à tirer, bordel.
Il se cale juste derrière le poste de pilotage, à côté du recycleur d’air. Une heure plus tard, l’odeur rance de sueur chimique et d’urine contamine tout l’habitacle.
TB-76-33 force le verrou rouillé d’une trappe de combat. Coup d’œil rapide.
Bonne nouvelle : c’est pas une zone irradiée.
Plutôt une de ces friches industrielles abandonnées après les premières frappes atlantes : un défilé de spectres d’usines à demi ensevelies dans une brume sale, des amalgames dantesques de poutrelles tordues et noircies, une végétation mutante aux allures de bêtes affamées.
L’air frais s’engouffre. Les miliciens reprennent des couleurs. On chante, on braille. On rêve de squatteurs à déloger à grands coups de latte.
« On » ne croit pas si bien dire.
La ZGF : Zone de Garde Fortifiée. Un camp militaire “temporaire”. Mais à voir les moisissures qui rongent le béton des fascines, c’est du temporaire qui dure.
Du haut d’un mirador, un projecteur pose son doigt scrutateur sur le véhicule de tête. Un à un, les blindés louvoient au ralenti entre les chicanes.
Ça débarque prêt à bouffer du péquenaud.
Une section de légionnaires en armure de combat aligne les miliciens en jolis petits pelotons. Au milieu, le drapeau du Gouvernement mondial unifié flotte joyeusement.
Une blague.
Un capitaine de la IXe Légion Terra Martia s’avance.
— Miliciens du 303e Bataillon ! Le Gouvernement vous donne l’opportunité de gagner cent jours de remise de peine. Votre mission : exterminer un nid Skraag. Miliciens ! Prouvez votre engagement à servir ! J’offre personnellement cent jours de plus à celui qui me ramènera la tête de leur reine !
Électrisés par la drogue, les miliciens exultent.
Bande de gros débiles…
Mais TB-76-33 sait compter.
Deux cents jours.
Putain de bordel de merde.
Il bande de joie. Une nouvelle ration enflamme ses nerfs. La distribution des armes ressemble à une fête de Noël pour enfants affamés.
Devant, l’usine est un enchevêtrement improbable de ferraille, de végétation mutante, d’antiques machines-outils, de ponts porteurs, d’épaves, de tôles éventrées, de bureaux et locaux dévastés… et, ça et là, des squelettes blanchis, abandonnés à leur triste devoir de gardiens.
Derrière, les légionnaires installent un périmètre de repli fortifié.
Les miliciens progressent vite.
Trop vite.
Le premier meurt décapité — une mandibule qui claque, un corps qui tombe déjà en deux morceaux. Les Skraags emportent la viande en piaillant, lâchant au passage un nuage verdâtre et nauséabond.
On défouraille à l’aveugle.
Les miliciens enragent.
Bientôt, c’est la mêlée : barres de fer, haches d’incendie, crosses, chevrotine à bout portant. La peur transperce la brume chimique de la drogue.
Un milicien court derrière ses tripes pendant qu’un petit Skraag tente de les ramener au nid. Un cadeau.
TB-76-33 laisse faire.
Il suit la vicieuse créature.
La reine est au bout de la course.
Scheisse.
Elle ne fait “que” trois mètres. Une mante religieuse vaguement humanoïde, et — horreur gratuite — des traits volés aux femmes humaines, comme une caricature obscène.
— Toi, t’as bien bouffé hein ?!
Le premier coup de griffe est fulgurant. TB-76-33 tombe à genoux. Le second arrache sa plaque ventrale. Le froid s’infiltre sous son armure. Pas que le froid. La peur.
Je veux pas crever.
Il ne meurt pas. Oh non.
Le monstre l’attrape dans ses pinces. Lacère l’armure. Ouvre.
Non.
Il comprend.
Oh bordel… non… pitié…
TB-76-33 pleure. Sa vessie se vide. Il jurerait voir un sourire déformer les mandibules.
Fait pas ça bord…AAarrghhh !
Quelque chose se déploie sous l’abdomen de la reine : un ovipositeur, un dard de ponte, rouge et luisant, bardé de poils sensitifs et crochets minuscules.
Les élytres stridulent. Un hymne obsédant qui lui vrille la cervelle.
La pointe cherche. Trouve une faille. S’enfonce.
Douleur. Comme un coup de bélier. Une déchirure obscène, comme si on lui retournait la chair de l’intérieur. Il bave à s’en étouffer. Il convulse mais il est plaqué au sol. Il voudrait fuir, mais il n’a plus de forces, pas de prise, plus de pensées.
Vient le pire : la sensation froide et visqueuse d’une injection. Des poches se vident. En lui. Salves après salves.
Et l’idée, plus atroce que la douleur, s’impose : infesté.
Une vie nouvelle le possède déjà. Elle grandira. Elle le rongera de l’intérieur. Il la nourrira. Il survivra. Peut-être. Il n’est plus humain : il est un hôte.
Ses “enfants” seront forts. Très forts. Il le sent — une promesse qui pulse, infecte.
Il veut vivre.
Sa main gauche tâtonne. Trouve la seringue. Désespéré, il se l’enfonce dans la carotide.
La douleur reflue. Un soleil rouge sang chasse la peur, la souffrance, l’humanité.
La barre de fer s’abat.
La reine, encore en redescente d’orgasme, tente de parer.
Trop tard.
Le déluge de rage défonce des mandibules, des facettes, il arrache la tête. Il brise la carapace, les organes internes, la chitine : tout cède. Bruits délicieux de craquements. Odeur des fluides qui l’aspergent. Joie de tuer.
Comme avant.
Comme après.
Comme toujours.
— Salope. Salope ! SALOPE !
Il hurle sans fin.
TB-76-33 massacre ce corps monstrueux jusqu’à ne plus reconnaître ce qui, une minute avant, ressemblait à une femelle.
Deux cents jours de prime. À lui. Rien qu’à lui.
Bande de connards… je vous ai tous bien baisés…
Sa tête tourne. Le monde alterne entre flou et net. Un pas après l’autre.
Dans son ventre, un truc gigote. Plein de trucs.
TB-76-33 s’en fout.
Après-demain, c’est la quille. Ramper d’abord. Marcher. Pas courir. Continuer.
Il rejoint le cordon sanitaire de la Légion. Ses tripes tiennent à peu près en place. Son cul ne saigne presque plus. Ses muscles le portent encore, péniblement.
La drogue le lâche peu à peu. Pas grave.
Des ondes de douleur le cognent. Rien de mortel.
— Capitaine… la tête de la reine…
Un bip discret empêche le capitaine Huang Wen de répondre immédiatement. L’holo de Lucie, l’IA de combat de la IXe Légion, l’informe : contamination confirmée. Procédez à l’élimination immédiate du sujet. Le regard de l’officier ne laisse aucun doute.
— Non… ne… pitié…
Le Glock de 11 mm crache trois balles perfo-explosives.
Distraitement, le Capitaine Huang parcourt la fiche de TB-76-33 : Jörg « bigstaff » Meyer — proxénète, violeur et tueur en série.
— Sergent Thran, nettoyez moi ce porc. Au lance-flammes.
— À vos ordres, capitaine !
Interlude Prioritaire
LyonPolis. 22 août 2180. Nouveau parc du Lion d’Or. Vers midi, une journée ensoleillée.
Le papillon volette.
Un vulcain. La réponse fuse avant même la question.
C’est toute la puissance d’un GOST en harmonie avec son hôte.
La fleur tremble à peine sous le poids de l’insecte. Il aime les papillons. Il aimerait que ses amis l’appellent ainsi. Papillon. « Tu n’as pas d’ami » lui rappelle sa conscience. Ce n’est pas méchant. Ce n’est que la réalité. Une réalité grise et froide.
Assis sur son banc. Oui. Le sien. Celui qu’il préfère. C’est là que le parc du Lion d’Or s’offre le plus à son regard. La plus belle perspective. Sur l’immense jardin de la Paix. Et ses milliers de fleurs. Et ses papillons.
Parfois aussi, sur les enfants.
Joueurs, bruyants, si pleins de vie et d’avenir. Pas comme lui.
« Tu n’as aucun avenir ». Sa conscience. Elle le reprend tout de suite. Avant qu’un espoir ne naisse. L’espoir est douleur.
Il n’aime pas les enfants. Ou plutôt, il n’aime pas ce que les enfants évoquent en lui.
Une autre vie.
Un passé.
« Tu n’as plus de passé ». Conscience est bavarde aujourd’hui.
Un enfant court derrière son ballon. Son pied est prêt. Trajectoire et vitesse se dessinent sur ses rétines. L’arrêt est net. Le ballon est immobilisé. Plusieurs vecteurs se proposent. Il choisit le plus direct. Il calibre l’énergie pour une réception aisée. Le petit garçon attrape le ballon avec un sourire de joie naïve. Sa maman l’attrape par la main. Regard méfiant.
Prudence est mère de sûreté.
« Une génitrice responsable ». Conscience devrait se taire parfois.
Un coureur s’approche du banc. Probablement pour y réaliser de nécessaires étirements. Physique de civil. Niveau de menace « insignifiant ».
Un regard suffit. Aussi expressif que celui d’un grand squale.
Le sportif se détourne. Comme s’il s’était trompé. Une traînée de peur derrière lui.
« Bon instinct ». Pour une fois, il est d’accord avec Madame Conscience.
Le vulcain n’est plus seul. Il danse. Un ou une partenaire.
Travailler à la survie de l’espèce est un devoir.
« Tu es stérile ». Conscience sait être méchante. Pourtant, elle a raison. Stérile. Mais pas inutile. Lui aussi travaille à la survie de l’espèce. À sa manière.
Une onde de pression.
Familière.
Rester immobile. Savourer ces derniers instants. Admirer encore onze secondes le ballet des papillons amoureux.
Ses muscles se tendent.
« Papillon » et « Conscience » refluent dans leurs profondeurs corticales usuelles.
« Karkaros » se réveille.
Les papillons s’éparpillent soudainement.
***
Une femme se tient devant lui. Une fragrance aux notes boisées émane d’elle. Son regard atone ressemble au sien. Ensemble, ils font fuir jusqu’aux plus bornés des insectes. Elle est grande, finement musclée et bouge avec la grâce d’une danseuse. Son tailleur gris souris tranche sur sa peau noire.
Quand Karkaros se redresse, il domine sa partenaire de plus de deux têtes. Il porte un lourd trench-coat gris anthracite. Il visse sur sa tête un vieux chapeau grisâtre.
— Salut. Le timbre de la voix est faussement amical. Signe subtil que « Marie », la femme, est de mauvaise humeur.
Marie n’est pas son vrai prénom.
Marie n’est qu’un nom de code. Comme Karkaros.
Quand lui passe ses mornes journées à compter les papillons, Marie, elle, danse.
Quand elle n’est pas en mission.
Comme aujourd’hui.
— Bonjour Marie.
— Je te transfère le dossier du jour.
Les données remplissent un espace vide de son GOST. Sa clé génétique lui permet d’ouvrir les différents fichiers. Il absorbe les informations.
Intéressant.
Karkaros secoue sa grande carcasse et synchronise ses pas avec les longues foulées décidées de Marie. Après un instant de réflexion, Karkaros demande :
— Des consignes spéciales ?
— La cible doit rester vivante, répond un peu trop vite la femme.
— Je pensais au niveau de dommages collatéraux.
— Ah… Comprend Marie avec une ébauche de sourire. Aucune consigne spéciale.
***
L’hôtel Valombre domine LyonPolis. Planté comme un étendard au milieu des tours de Fourvière. Le préfet Hughes T. Walton pose un regard emprunt d’un vague mépris sur cette petite cité bourgeoise et mesquine. Une fois de plus, il goûte l’amertume de devoir sa vie d’aujourd’hui à cette antique cité. Lui, le New-Yorkais. L’exilé. Le réfugié.
Plus pour longtemps.
Sa main se referme sur son verre. Derrière lui, la fête bat son plein. Un groupe de techno-jazz fournit l’ambiance. Tout le gratin est là. On fête sa nomination. Gouverneur. Enfin. Retrouver son pays. Le rebâtir. Lui rendre sa puissance d’antan. Dieu, donne-moi la force !
L’invasion Atlante bouleverse encore les grandes religions. Elles peinent à se relever. Mais Hughes n’a jamais douté. Dieu tamise les Hommes. Et sa nature n’est guère au doute.
Une femme s’approche de lui. Il voit son reflet passer sa main dans ses cheveux courts et blonds. Élégante et raffinée. Mais française. Il ne les supporte plus. Son corps ondule avec cette langueur sophistiquée née d’une éducation tristement irréprochable.
Cléophée.
Cléophée Davoult-Vavasseur.
Fille unique du patron des Société des Nouvelles Industries Aéronautiques et Spatiale, la toute puissante SNIAS. Au moins aussi intelligente et douée que son paternel. En infiniment plus séduisante. Hughes déteste les femmes intelligentes.
— Hughes, vous semblez songeur. L’Amérique vous manque donc à ce point ?
— …Bien sûr que non, ment le futur Gouverneur. Vous quittez me rends…comme nostalgique.
— Vraiment ? Je vous découvre sensible. Mais connaît-on vraiment une personne ?
— Vous me connaissez Cléophée, je me laisse emporter par moment.
— Oui…Le regard de la jeune femme s’assombrit. Oui, vous me l’avez prouvé.
— Je vous ai présenté mes excuses…j’étais…
— Je sais Hughes. Vous étiez plein de rancœur. Et j’étais là. Mais c’est du passé. Un sourire plein de joie illumine le visage de Cléophée.
À cet instant précis, Hughes veut se jeter à ses pieds. Implorer son pardon. Sincèrement. Puis il se souvient de la Sainte Bible. Son refuge. Sa sagesse. « Femmes, soumettez-vous à vos propres maris, comme au Seigneur. ». Cette traînée l’avait cherché. Et bien elle l’avait trouvé.
À cet instant très précis, la jeune femme croit discerner le désir profond de son ancien amant et bourreau de demander pardon. Le doute la fait vaciller dans sa résolution.
L’instant passe.
Elle retrouve la lueur fanatique dans les yeux de l’homme qui lui fait face. Mais elle ne recule pas. Oh non !
— Hughes, mon très cher Hughes. Vos invités vous attendent. Faites leur donc l’honneur de vos dons pour la destinée.
Elle lui prend la main et l’entraîne dans la foule insouciante. Le contact de sa peau la révulse. Mais elle sait dissimuler. Et simuler. La pitié a quitté son cœur un certain soir.
Elle voit Ao Fudo Myo O, le Dieu Bleu du Feu lui sourire. Vengeance.
— Je sais Hughes, lui murmure-t-elle à l’oreille. Je sais tout.
— Que… reviens. Re…
***
Carlos est garde du corps. Pas le meilleur. Pas le pire. Le boss est friqué. Alors Carlos n’est pas seul. Ils sont huit. Des costauds. Pas les meilleurs non plus, et pas les plus finauds. C’est le problème des richards. Ils sont souvent radins. Ne pas être trop con, c’est bien dans ce métier. Surtout pour survivre une journée de plus.
Quand Carlos voit le couple en gris, il ne cherche pas à réfléchir, négocier, bavarder, crier ou avertir. Carlos est con, mais pas à ce point. Le garde du corps se jette immédiatement au sol. À la différence de ses ex-camarades.
***
Avec de sinistres craquements sonores, la colonne vertébrale du dernier garde du corps se brise. Une fois. Deux fois. Trois fois. Karkaros laisse tomber le corps désarticulé au sol. Son jouet est cassé.
Marie remplace les chargeurs vides de ses deux semi-automatiques. A bout portant, les projectiles explosifs forent de véritables cratères bouillonnants.
D’un bond léger, Marie enjambe Carlos, couché, paralysé.
Ensemble, les deux agents franchissent le seuil de la vaste salle.
Un silence horrifié les accueille.
— Monsieur Walton, suivez nous.